La Bonheur Society
XXe siècle, la fin
XXIe, le début
Sans le savoir, vous vivez dans un monde prisonnier
On a fait croire à l’homme que le bonheur est premier
Mais moi, j’veux plus d’vos vérités de dessins animés, je veux des acides aminés
Je veux du noir, du flou, des ombres, des silhouettes mal dessinées
Dramatiser à outrance
Si j’veux,
Quand j’veux
Et qu’on me dise pas : « tu as trimé, tu mérites mieux qu’ça »
Foutaises que vos conneries de méritocratie !
Du bonheur à deux balles, sorti tout droit des penseurs pantins d’la Renaissance à l’occident-ale
J’veux du frontal
Du mal
Du sale
Du-qui-sape-le-moral
J’veux pas d’vos journaux à la noix
Qui parlent du slam
Je veux des explosions, des meurtres, des attentats Je veux du vrai mort, du vrai noir, pas du noir d’chez Canal
Et qui m’aime me suive : je veux sombrer dans le passé
Ressusciter le Moyen-Âge et ces guillotines que l’histoire a très malencontreusement tuées
J’veux plus rien d’imposé, de l’anarchie de nécrosé, et plus de névrosés
J’veux plus d’vos diktats de la pensée, de vos dictatures cachées, des instituts de beauté à noyer la dure réalité
J’veux plus m’laver, d’ailleurs
Sentir mauvais c’est pour le cœur et les économies d’O
Car oui, je veux du saltimbanque et plus d’vos banques à faire fructifier vos sous de morts
Vivez bon sang, vivez bon soir, et à babord !
Puis y’a marre aussi d’vos héros d’outre atlantique, qui traversent l’océan à la voile et la mer à la brasse
J’en ai marre d’savoir nager : j’veux boire la tasse !
J’veux des héros qui s’cassent la gueule, des gueules ébréchées et pas rabibochées, par vos chirurgies d’l’artificiel
Je veux un bout de ciel, rien que pour moi
Mais attention : du ciel noir, du bien grondant, de l’orage et du vent
Des tempêtes de 99 et même des ouragans
J’veux pouvoir dire aux gens : Moi, ma vie, c’est en noir, que je veux la voir !
Et d’ailleurs, j’veux plus d’bio, plus d’recyclacble,
Je veux du vrai déchet
Du détritus
Pas-du-qui-s’recycle
Puis plus d’vos fraises à la Noël et plus d’vos noix à la Saint Jacques
Je veux de la pollution
Et surtout j’ veux bien des cons
Mais encore, s’il vous plait, évitez, évitez, évitez de me dire qu’ailleurs, c’est pire,
Parce que c’est moi qu’ai l’droit d’aller pas
Pas mon voisin, l’clodo du coin, et pas mon pote
Y’a qu’moi qu’ai l’droit d’aller pas, et d’pas vouloir aller
J’veux pouvoir sortir mes coups d’blues à la tout va
De me repaître de mon malheur, de mon pas d’chance, de ma douleur
Bref, je revendique le droit d’être MOI
Et moi ma vie, c’est pas couleur vert chiottes ou rose bonbon que j’veux la voir, c’est en noir que je veux l’admirer
La regarder
Et la tâter
C’est en noir et rien qu’en noir
Pour faire ma crise d’adolescence en retard, Voir la Vie en Noir !
Orénok A.B. 1/03/2008
Son site : à venir...
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